Alice au Pays des Merveilles
Finalement, après des mois (au moins) d’attente et d’espérances, voilà Alice au Pays des Merveilles, sauce Tim Burton, sur les écrans.
Allons-y, dépeçons joyeusement la bête …
En résumé
Alice Kingsleigh, 19 ans, découvre (alors que tout le monde autour d’elle semble déjà au courant) qu’elle est promise à Lord Hamish Ascot, un rouquin étrange affublé de problèmes de digestion (selon sa mère). Alors qu’Hamish fait une très protocolaire (et très publique) demande officielle en mariage, Alice refuse de répondre et part à la poursuite d’un lapin blanc. En entrant dans le terrier du lapin, elle accède à un monde étrange, mais pourtant familier.
Mon avis
Ce n’est pas un secret, j’avais de très très grandes attentes vis à vis de ce film. Peut-être mes attentes étaient elles trop grandes, parce qu’au final, il y a déception.
Un mot sur le scénario pour commencer. Le scénario n’est ni tout à fait fidèle aux livres de Lewis Carroll (rappellons que l’histoire d’Alice compte 2 livres) ni une simple reprise de la version animée de Disney (qui elle-même n’est pas tout à fait fidèle aux livres). Le scénario reprend les grandes lignes et les références qu’on connait mais l’histoire est plus une sorte de suite que de remake. D’ailleurs, le scénario fait plusieurs fois référence à une première visite d’Alice. Jusque là, a priori, ce n’est pas trop un problème pour moi sur le principe. Par contre, ça amène certains défauts au film. L’introduction est, à mon avis, beaucoup trop longue. L’épisode de la fête pendant laquelle la demande en mariage a lieu m’a semblé interminable. D’autant plus que j’attendais juste le moment où, enfin, Alice allait basculer dans son monde paralèlle. Autre gros défaut pour moi, la scène de bataille finale qui semble plus venir d’un univers genre Harry Potter (magie en moins) ou peut être Narnia, plutôt que de l’univers d’Alice. Bref, j’ai trouvé le scénario plutôt faible, avec des passages à vide.
Du coup, la “psychologie” des personnages est très peu, même trop peu développée. Normalement, un aspect important du personnage d’Alice est de s’interroger sur qui elle est et qu’elle est sa place (c’est ça l’idée derrière ses changements de taille et sa difficulté à arriver à avoir la bonne taille au bon moment). Ici, au lieu de ça, on a essentiellement une fille qui se demande si elle est folle parce qu’elle fait un cauchemar étrange et récurrent.
Visuellement maintenant … bien sûr, la 3D apporte beaucoup au niveau visuel et je pense que certains effets (entre autre la tête disproportionnée de la Reine Rouge) seront beaucoup moins intéressant en 2D. Le chat de Cheshire est très réussi et on a vraiment l’impression d’être enveloppés par la fumée dAbsolem, la chenille bleue (limite on se mettrait à tousser). Par contre, la 3D est beaucoup moins poussée et aboutie que dans Avatar (dont, dans le fond, l’aspect visuel apporté par la 3D était le seul intérêt), disons juste qu’elle a été bien travaillée et apporte la petite touche en plus, sans être révolutionnaire.
Et l’esprit “Burtonien” alors ? Oui mais non. Il est là, bien sûr. Mais, le résultat est loin d’être aussi délirant que ce que j’avais espéré. Comme s’il s’était retenu. Et puis, j’ai eu beaucoup de sensation de déjà-vu. Comme si on avait repris des morceaux d’autres films, remis un peu de peinture dessus et, hop, replacés ici et là. Exemples … une scène où le valet de coeur est à cheval, et qui m’a fait furieusement penser à une scène de Sleepy Hollow …. ou encore le rire du Chapelier Fou qui sonne exactement comme le rire de Willy Wonka. Pareil au niveau de la bande-son, beaucoup de musiques ressemblent furieusement aux musiques de ses autres films. Je m’attendais à ce que les titres (du moins certains) de l’album soient présents mais en fait pas du tout, juste la chanson Alice, chantée par Avril Lavigne, qui sert de générique de fin.
Par contre, au niveau des costumes, rien à redire. Je les ai trouvés particulièrement réussis. En particulier, j’ai adoré la robe que la Reine rouge fait faire à Alice.
Pour (presque) finir … les acteurs. Helena Bonham Carter est toujours excellente en méchante un peu hystérique et dingue. Anne Hathaway me foutait quasiment les jetons en Reine blanche tellement ce personnage à l’air dans un autre monde. Mia Wasikowska est un peu ordinaire, j’aimais l’idée d’avoir une “inconnue” dans ce rôle mais malheureusement pour elle, je ne pense pas quie ce soit ça qui va faire retenir son nom (au mieux ça va finir en “ouais, tu sais … la fille qui était dans Alice au Pays des Merveilles … mais je sais pas son nom”). Et puis Johnny Depp, ça me fait un peu mal de le dire mais c’est loin d’être ce qu’il a fait de mieux. Attention, je ne dis pas qu’il est mauvais, pas du tout, mais on l’a déjà vu plus en forme. J’ai eu l’impression qu’il reprenait beaucoup de son interprétation de Willy Wonka pour jouer le Chapelier Fou et je crois que c’est ça qui m’a dérangé.
Alors, aller le voir ou non ? Moi je dirais oui, pour se faire sa propre idée, et parce que la 3D nécessite (pour l’instant) d’aller au cinéma plutôt que d’attendre de louer le DVD. Oui, si on aime Tim Burton et/ou Johnny Depp et que, quoi qu’ils fassent, on sait qu’on va aimer. Mais il faut y aller peut être en diminuant un peu ses attentes.
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